
L’Acupuncteur Claire Barras
L’acupuncture représente ma deuxième carrière. Je la pratique avec autant d’attention, de dévouement et d’intérêt que je l’ai fait pour ma première vocation – en tant que restauratrice des beaux arts.
Au premier abord, l’acupuncture et la restauration d’œuvres d’art ne semblent pas avoir de points communs. Elles sont semblables aux expériences et aux personnes que nous avons rencontrées durant notre vie – quand un point est fait, nous ne savons pas encore ce qu’il représente, jusqu’à ce qu’un jour nous nous retournons et tous les points sont finalement reliés et ont un sens.
Je suis Suisse, née et élevée dans le beau canton du Valais en Suisse, entourée par la nature. Depuis aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé l’art de la Renaissance. Plus tard, j’ai étudié à la Haute école des arts appliqués à Genève (HEAA, prédécesseur de l’actuelle Haute école d’art et design).
J’ai fait connaissance avec l’acupuncture pour la première fois à l’âge de 20 ans, à la suite d’une maladie très grave. Une amie m’a conseillée de voir un Maître chinois de Qi Gong, qui était en visite à l’université de Lyon. Ce Maître m’a rendu la santé en utilisant l’acupuncture. Il m’a fait don à ce moment-là d’un livre sur la médecine chinoise et m’a déclaré «Un jour, vous pratiquerez l’acupuncture. »
A cette époque, je n’ai pas pensé beaucoup à l’acupuncture, car je me concentrais et me passionnais pour la restauration d’art. Je suis allée en Grande Bretagne pour me perfectionner et travailler, grâce à la collaboration avec l’Association Britannique des Antiquaires, à la restauration d’œuvres d’art pour des clients tel que Christie’s et le British Museum. J’ai fait ensuite un stage au Musée national de la céramique à Sèvres, près de Paris en France.
Pendant plusieurs années j’ai accompli mon rêve de restauratrice d’art, jusqu’à ce qu’un accident de voiture me rende temporairement daltonienne. Face à ce handicap qui pouvait potentiellement mettre fin à ma carrière, je me suis souvenu des paroles du Maître de Qi Gong. J’y ai beaucoup réfléchi, et mon parcours a de nouveau rencontré l’acupuncture – cette fois-ci pour devenir diplômée d’acupuncture.
Pour atteindre ce but, j’ai d’abord étudié à l’Institut Chuzhen à Paris, puis j’ai suivi pendant 3 ans le programme de l’IEATC (Institut d’Energétique et Acupuncture Traditionnelles Chinoises) à Rolle pour en obtenir le diplôme. L’année suivante, j’ai réussi les examens pour le Diplôme national d’Acupuncture en France.
En même temps, j’ai appris du vieux Maître de Qi Gong, qui m’avait fait recouvrir la santé auparavant, la philosophie chinoise, le Daoïsm et le Qi Gong – « la culture de l’énergie de vie », une pratique combinant le souffle, le mouvement et la sensibilisation. Il est important pour moi d’aller au-delà des mécanismes de l’acupuncture- les aiguilles et les points de pression. Comme dans la restauration d’art, il s’agit d’aller au-delà de la connaissance des couleurs justes et des matériaux physiques.
La restauration d’œuvres d’art me plaisait, non parce qu’il s’agissait de m’exprimer moi-même en tant qu’artiste, mais plutôt parce que je devais retrouver l’esprit créateur de l’artiste, retrouvé précisément sa sensibilité et ses sentiments, tout ce qui inspirait son art, puis le transcrire et le restaurer. L’acupuncture est très similaire en beaucoup de façons. Il s’agit d’abord de ressentir la structure énergétique et le courant d’énergie d’une personne, comme je le ferais avec une œuvre d’art, puis de restaurer le flux énergétique d’une personne en utilisant des aiguilles et les points de pression.
Depuis 16 ans, je pratique l’acupuncture, avec autant d’attention, de dévouement et d’intérêt que lorsque je pratiquais ma première vocation – en tant que restauratrice d’art.